Il reste une difficulté majeure à la création d’entreprise : le manque de capitaux. Dans le contexte économique actuel, il rend les petites entreprises plus fragiles. Or les femmes créent plutôt de très petites entreprises et beaucoup n’ont aucun capital au départ.

Les banques sont de plus en plus sollicitées mais hésitent de plus en plus à financer ce type de projets. De plus, elles ne peuvent ni ne veulent à elles seules assumer et les risques du marché et les carences des pouvoirs publics ; elles exigent de plus en plus le partage du risque.

Depuis 1989, forte de son expérience de la création d’entreprise par les femmes, RACINES a engagé une véritable réflexion sur l’épargne de proximité comme acteur dans la création d’entreprises.

Souvent l’abandon d’un projet pertinent est lié à la difficulté des femmes à trouver les financements nécessaires pour démarrer. Le FGIF, qui garantit un emprunt bancaire ne suffit plus à convaincre des institutions financières frileuses, compte tenu de la situation économique actuelle. Dans une enquête que nous avions menée pour le compte du Service des Droits des Femmes pour les créatrices ayant bénéficié du FGIF, nous soulignions que ces femmes créaient leur entreprise avec des investissements 30% inférieurs à ceux prévus au départ.

Les conditions requises pour accorder un prêt et les modalités de remboursement sont très différentes entre les banques et les CLEFE : ces derniers n’exigent pas de garantie et d’apport personnel ; ils proposent un taux d’intérêt plus faible et sont beaucoup plus compréhensifs en cas de difficultés. Par ailleurs le principe du CLEFE est de sortir la créatrice de son isolement et d’accompagner la création et le développement de son entreprise : mise en relation avec des centres d’appui ou des personnes compétentes, soutien psychologique, ouverture de carnets d’adresses etc…

La création de CLEFE répond donc d’abord à un besoin, constaté parmi les femmes porteuses d’un projet d’entreprise. Mais elle repose aussi sur des tendances observées dans la société civile : désir de solidarité active face au chômage et en particulier celui des femmes ; intérêt pour une épargne de proximité qui permet de contrôler et d’orienter l’utilisation de cette épargne ; intérêt pour le développement local et la croissance endogène…