Le secteur de l’économie solidaire se caractérise par la diversité de ses acteurs : associations, mutuelles, coopératives, fédérations…

Vis à vis de l’exclusion et du chômage ces organisations mettent en place 4 types principaux d’actions :

  • la participation aux politiques de l’emploi sur la base de contrats aidés (emplois-jeunes…)
  • l’insertion par l’économique (entreprises d’insertion, associations intermédiaires, régies de quartier…)
  • la création d’activités de proximité (restaurants, commerces de quartier, services divers…)
  • l’accompagnement et la mobilisation des bénéficiaires, des associations caritatives et d’action sociale (achats collectifs de biens, jardins collectifs…)

Toutes ces activités traduisent le souci de ces structures d’abandonner la seule logique de l’assistanat pour lui substituer une logique de retour au travail, officiel ou informel, et de responsabilisation.

L’objectif au delà de la création d’emplois est également de constituer de nouveaux réseaux de citoyenneté et de solidarité, re-qualifiant les territoires sur lesquels les activités se mettent en place.

L’enjeu en effet est une recomposition de la société pour sortir d’un crise structurelle et non pas seulement conjoncturelle.

L’économie solidaire ne peut se concevoir qu’avec des mécanismes incitatifs amenant les acteurs économiques privés à produire des activité, des biens et des services d’intérêt public, et de ce fait susceptibles de réduire le défaillances sociales et environnementales d’une économie de marché pas toujours régulée.

C’est ainsi que l’économie solidaire doit s’intéresser à plusieurs domaines clés :

  • la réinsertion des personnes en difficulté
  • la réhabilitation des territoires en difficulté
  • la production de service s’apparentant à des services publics, et dans la même logique la production de nouveaux services par l’initiative privée
  • la transformation des services de production pour réduire la pression sur les ressources naturelles.

Les processus d’émergence et de maturation de projets économiques individuels et collectifs sont complexes, diversifiés et spécifiques des cultures où ces processus s’initient ; il s’agit d’initiative, de solidarité, de garantie, autant de « valeurs » qui fondent les sociétés où qu’elles vivent et qui unissent les personnes et soudent les communautés.

De fait on observe de par le monde, issues de traditions anciennes, des pratiques qui s’apparentent à l’épargne ou au crédit moderne.

Ces « systèmes » financiers sont fondés sur la solidarité et sur la proximité et ne sont que partiellement monétaires :

  • en Asie qui fait figure de pionnière avec l’Afrique – les Tontines – ou les expériences de micro finances sont anciennes et importantes (telle la Grameen Bank)
  • en Amérique latine avec des institutions financière intervenant à l’échelon régional et qui s’intéressent aux financements des petites entreprises
  • en Europe centrale (association, coopérative d’épargne et de crédit, banques solidaires)
  • dans les pays d’Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord qui montrent des expériences venant d’une population exclue des circuits bancaires classiques pour réaliser des projets de caractère économiques.

D’après une récente enquête du CREDOC, sur la question de l’économie solidaire, seulement 3% des personnes interrogées disent connaître le principe de l’épargne solidaire. 35% de ces mêmes personnes sont disposées à placer leur épargne sur des produits un peu moins rentables et un peu plus risqués, si cet argent aide à financer des projets économiques initiés par des personnes en difficulté de leur région. Le passage à l’acte est une autre affaire mais cela montre que le terreau culturel est déjà favorable et que le concept progresse.